LA DCE ET LES MASSES D'EAU SOUTERRAINE
Comment mettre en uvre concrètement la directive cadre sur l'eau dans le domaine des eaux souterraines ?
Cf. article paru dans la
" Houille Blanche " :
http://www.environnement.gouv.fr/dossiers/eau/pages/politique/homme/eau-potable/f_es/eaux_sout.pdf
La délimitation des masses d'eaux souterraines et les premières versions de l'état des lieux sur les bassins
Adour-Garonne et Loire-Bretagne, en application de la Directive Cadre sur l'Eau.
http://www.eau-loire-bretagne.fr/b/fr_b8.htm
http://dce.eau-adour-garonne.fr/
LA DIRECTIVE FILLE SUR LES EAUX SOUTERRAINES
La directive fille sur les eaux souterraines, en application de larticle 17 de la directive cadre sur l'eau,
devra préciser réglementairement les notions de " bon état chimique
des masses deau souterraine " et de " tendances à la
hausse significatives et durables de la pollution " et les critères
correspondants.
Lien vers la circulaire DCE n°2003-03 du 25 juin 2003 relative à l'élaboration des documents de l'état
des lieux :
http://www.environnement.gouv.fr/infoprat/bulletin-officiel/bo-200314/A0140004.htm
Lien vers la proposition de directive fille sur
les eaux souterraines présentée par la Commission :
http://www.europa.eu.int/eur-lex/fr/com/pdf/2003/com2003_0550fr01.pdf
LE PROJET DE NOUVELLE LOI SUR L'EAU
Le débat national sur la politique de l'eau :
Le gouvernement a décidé de lancer un large débat national afin de déterminer de manière partagée, avec
l'ensemble des acteurs de l'eau, quels aménagements doivent être apportés à la politique française de l'eau.
Ce débat intègre les réflexions en cours sur la décentralisation, la charte de l'environnement et
la stratégie nationale du développement durable ; il s'inscrit dans les
moyens de mettre en uvre pour atteindre les objectifs fixés par la directive
cadre européenne sur l'eau et répondre aux attentes de la société. Le
débat se déroule en quatre phases :
- la première phase nationale
- la deuxième phase de débat local
- la troisième phase consacrée à la consultation du grand public
- la quatrième phase du débat dédiée à la consultation sur le programme d'actions (présenté en janvier 2004)
Le 16 décembre 2003, Roselyne Bachelot, Ministre de l'Ecologie et du Développement Durable, a présenté
les orientations majeures du projet de loi sur l'eau. Une communication en
Conseil des Ministres s'est tenue le 6 janvier 2004. Le texte devrait être
arrêté par le gouvernement en juin 2004 et présenté au Parlement à l'automne
2004, pour une adoption prévue à la fin de l'année.
http://www.environnement.gouv.fr/dossiers/eau/pages/politique/gouvernance/loi_eau/loi_eau.htm
LEGISLATION
Le Code Minier(articles
131 et 132) précise que tout ouvrage souterrain de plus de 10 mètres de
profondeur doit être déclaré auprès de la Direction Régionale
de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE).
La loi sur l'Eau de 1992 impose que les installations, ouvrages, travaux, prélevant dans un système
aquifère doivent faire l'objet :
- d'une autorisation pour les prélèvements supérieurs à 80 m3/h. Cette autorisation implique un arrêté préfectoral.
- d'une déclaration pour les prélèvements compris entre 8 m3/h et 80 m3/h
Dans les zones de nappe d'accompagnement
des cours d'eau (décret 93-743), elle impose un seuil de déclaration
égal à 2 % du débit de référence d'étiage du cours d'eau et un seuil d'autorisation
égal à 5 % de ce même débit de référence. La délimitation de ces nappes
est destinée à maintenir un débit suffisant de la rivière en période d'étiage.
Dans les zones de répartition des eaux définies par décrets et pour lesquelles l'équilibre de la
ressource en eau est menacé, le seuil de débit soumis à autorisation est
abaissé à 8 m3/h.
SDAGE
Les Schémas Directeurs d'Aménagement
et de Gestion des Eaux orientent la gestion des eaux sur le territoire. En
Poitou-Charentes, il s'agit des SDAGE :
Adour-Garonne :
http://www.eau-adour-garonne.fr/sdage/default.html
Loire-Bretagne :
http://www.eau-loire-bretagne.fr/a/fr_a1.htm
SAGE
Site des Sage : GEST’EAU, le site des outils de gestion intégrée de l’eau :
http://www.gesteau.eaufrance.fr
NIE
Sur le bassin Loire-Bretagne,
certaines nappes sont classées par le SDAGE en Nappe Intensément Exploitées
(NIE). Dans ces zones, les aides et redevances de l'Agence de l'Eau sont
majorées afin de progresser vers une utilisation de la ressource plus équilibrée.
En Poitou-Charentes, les nappes
du Lias, du Dogger et du Jurassique supérieur ont été classées en NIE :
- la Nappe Intensément Exploitée du Clain s'étend sur le bassin versant du Clain
- la Nappe Intensément Exploitée de l'Aunis s'étend sur le bassin versant sud de la Sèvre Niortaise
- la Nappe Intensément Exploitée de la Vendée s'étend sur le bassin versant nord de la Sèvre Niortaise
http://www.eau-loire-bretagne.fr/a/fr_a1.htm
PERIMETRE DE
PROTECTION POUR L'ALIMENTATION EN EAU POTABLE
La protection des points de prélèvement
d'eau destinée à la consommation humaine relève des dispositions du code de
la Santé Publique. Pour tout captage d'eau destinée à la consommation
humaine doivent être définis des périmètres de protection. L'objectif est
de maîtriser les sources de pollution de proximité, ponctuelles ou
accidentelles, qui peuvent affecter, parfois gravement, la qualité des eaux prélevées
pour produire de l'eau potable.
Trois types de périmètres existent :
- le périmètre de protection immédiate :
zone obligatoire, située aux abords de louvrage et acquise par le service
des eaux. Tous les déversements de polluants y sont ainsi évités.
- le périmètre de protection rapprochée :
zone obligatoire, qui dépend des caractéristiques des nappes et de la nature
des pollutions possibles. Les activités et installations y sont interdites ou
réglementées
- le périmètre de protection éloignée :
zone facultative ou il n'y a pas dinterdiction, seule une réglementation
En Poitou-Charentes en 2001, 78 %
des captages ont fait l'objet d'un avis d'un hydrogéologue agréé, 39 %
des captages bénéficient dune déclaration d'utilité publique (DUP).
Pour 69 % d'entre eux, les servitudes ont été enregistrées aux hypothèques.
En 1999, au niveau national, 30.8 % des captages faisaient l'objet d'une DUP.
Protection des captages en Poitou-Charentes en 2001 :
| |
Nombre de captages significatifs |
Nombre d'avis dhydrogéologues agréés |
Nombre de DUP (déclaration dutilité publique) |
Nombre d'hypothèques |
| Charente |
114 |
85 |
41 |
34 |
|
Charente-Maritime |
114 |
77 |
3 |
2 |
|
Deux-Sèvres |
94 |
78 |
71 |
35 |
|
Vienne |
162 |
135 |
73 |
69 |
|
POITOU-CHARENTES |
484 |
375 |
188 |
140 |
Source : DDASS et DRASS Poitou-Charentes
ZONE DE REPARTITION DES EAUX
Les zones de répartition des eaux définies
par la loi sur l'eau du 3 janvier 1992 correspondent à des bassins,
sous-bassins ou fraction de sous-bassins hydrographiques ou du système aquifère,
dans lequel l'importance de la sollicitation quantitative de la ressource
entraîne un déséquilibre entre ressources et besoins en eau légalement exercés.
Des conflits d'usage s'ensuivent, engageant une collectivité d'intérêts
et rendant nécessaires des mesures permanentes de répartition.
Une grande partie du territoire de la région
Poitou-Charentes (bassins versants du Clain, du Thouet, de la Sèvre Niortaise,
de la Charente, de la Seudre et des cours d'eau côtiers de l'estuaire de la
Gironde, de l'Isle et de la Dronne, des canaux du
Curé de Villedoux et de Marans ainsi que la nappe du Cénomanien en Vienne et
Deux-Sèvres) est classée en zone de répartition (décret n°2003-869 du 11 septembre 2003
modifiant le décret n°94-354 du 29 avril 1994)
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Quelques suivis d'arrêtés préfectoraux pris ponctuellement en Poitou-Charentes pour la limitation des prélèvements d'eau :
L'article 8 de la loi n° 92-3 du 3 janvier 1992 prévoit que les règles générales de préservation de la qualité (...) des eaux (...) fixent (...) les conditions dans lesquelles peuvent être (...) prescrites les mesures nécessaires pour préserver cette qualité et assurer la surveillance des puits et forages en exploitation ou désaffectés.
Certains forages mal isolés peuvent mettre en communication des nappes supérieures de qualité parfois dégradée et des aquifères profonds de bonne qualité. Pour éviter la dégradation de la qualité d'une nappe par une telle contamination, il est indispensable de réaliser des ouvrages dans les règles de l'art, il peut parfois être nécessaire de recourir à la réhabilitation de forages.
PRESERVATION DE LA RESSOURCE PROFONDE EN CHARENTE : PROJET PILOTE DU POND DE L'EPAUD
Les ressources profondes en Charente sont relativement bien protégées naturellement. Cependant, des ouvrages à usage privé mal réalisés peuvent être vecteurs de pollution. Ainsi, le Syndicat d'Harmonisation du prix de l'Eau Potable (SHEP) mène une étude pour définir les moyens juridiques et financiers nécessaires pour réhabiliter ces ouvrages. La première phase du projet pilote correspond à un recensement aussi exhaustif que possible des ouvrages présents dans un secteur de 10 kilomètres autour du futur captage dalimentation en eau potable du Pond de l'Espaud. La seconde phase concernera les études complémentaires nécessaires, et la dernière phase correspondra aux travaux à réaliser.
MORATOIRE SUR LES NAPPES DU TURONIEN ET DE L'INFRATOARCIEN
En Charente, le département applique depuis 1999 un moratoire sur les nappes du Turonien et de l'Infratoarcien, afin de les réserver exclusivement à l'alimentation en eau potable. Ce moratoire prévient principalement les dégradations sur la ressource et l'augmentation des prélèvements. Toute autorisation de création de nouveaux forages autres que pour les besoins en alimentation en eau potable est provisoirement suspendue.
Une démarche similaire est engagée depuis 2000 en Deux-Sèvres et en Vienne, sur l'Infratoarcien. Le moratoire sur le Turonien devrait être mis en place également sur les départements de la Charente-Maritime et de la Dordogne.
PROTOCOLE POUR LA PRESERVATION QUALITATIVE DES NAPPES DU CRETACE EN CHARENTE-MARITIME
En Charente-Maritime, le principal risque de pollution des nappes du Crétacé provient de défauts d'isolation entre les nappes de certains forages d'irrigation, pouvant favoriser le mélange d'eaux superficielles vulnérables aux pollutions, avec les eaux profondes, d'excellente qualité. Un protocole d'accord entre les acteurs de l'eau a pour but de préserver la qualité des nappes du Crétacé. Il définit les secteurs prioritaires pour la préservation, les règles d'accès aux aquifères par secteur, le moyen de remédier aux ouvrages non conformes, et les priorités pour la mise en conformité de forages privés.
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