Généralités sur la géologie régionale

La région Poitou-Charentes est caractérisée par une géologie très variée et une situation de seuil entre 2 massifs anciens (Armoricain et Central) et 2 bassins sédimentaires (de Paris et Aquitain). Cette situation implique un empilement de roches sédimentaires principalement calcaires dans les bassins et une grande variété de roches granitiques, volcaniques ou métamorphiques (schistes, gneiss…) dans les massifs où les terrains les plus anciens ont un âge de 600 M d’années environ.

Carte géologique simplifiée de la région Poitou-Charentes

Sommaire de l’article :

Le socle des massifs armoricain et central

Il est constitué de terrains métamorphiques et magmatiques structurés par la surrection   des différentes chaînes de montagnes du Paléozoïque (Primaire), en particulier la chaîne hercynienne (Carbonifère, environ 300 Ma  ), en grandes unités séparées par des accidents profonds : des failles. Ces failles (failles de Montreuil-Belay, de Bressuire, d’Availles-Limouzine, de Secondigny, de Vilhonneur, de Parthenay… ) ont pour la plupart une direction « armoricaine » (NO-SE). Elles traversent, entre les deux massifs, le Seuil du Poitou sur lequel la couverture sédimentaire est peu épaisse et où le socle affleure parfois en fond de vallée. De part et d’autre du seuil, on observe un plongement du socle en direction des deux bassins, par décalage par faille selon un dispositif en « marches d’escalier » (cf. blocdiagramme ci-contre).

Bloc-diagramme représentant la chute du toit du socle (en jaune) de part et d’autre du seuil du Poitou (surface topographique en bleu) [vu depuis le Sud]

Les formations des bassins sédimentaires

Ces formations correspondent à des séries marines essentiellement carbonatées, témoins de nombreux épisodes de transgression  /régression   de la mer. Depuis le Lias (Jurassique inférieur, 200 Ma  ), la tendance est à la submersion du socle armoricain qui constitue pendant toute la période du Mésozoïque un domaine continental « pénéplané* » entouré par une vaste plate-forme* carbonatée.
La fin du Jurassique (-150 Ma  ) est marquée par le départ progressif de la mer. Le Jurassique supérieur disparaît localement en partie par érosion et, quand le Jurassique terminal affleure (Tithonien), il est caractérisé par la présence d’évaporites* (en Charente et Charente-Maritime).

Le crétacé inférieur, quasiment absent en région Poitou- Charentes, témoigne d’une longue période d’émersion et d’érosion.
Le début du Crétacé supérieur (Cénomanien, 100 Ma  ) correspond à une phase transgressive, avec le retour à des conditions marines de plate-forme*. Le Crétacé supérieur, représenté dans la moitié sud de la Charente et dans la partie nord des départements de la Vienne et des Deux-Sèvres, correspond à des faciès   carbonatés, crayeux, bioclastiques   parfois gréseux. Dans le Bassin   aquitain, les premiers effets de la surrection   de la chaîne pyrénéenne se font sentir.

Le passage Crétacé-Tertiaire (60 Ma  ) est caractérisé par le retour à des environnements de dépôts continentaux et une généralisation des faciès   détritiques   : sables et grès, argiles, lignites… Les dépôts du Cénozoïque (Tertiaire) correspondent en région Poitou-Charentes à des appareils fluviatiles (sables, graviers et galets), des plaines d’inondation, des calcaires lacustres   (à l’Eocène et à l’Oligocène), des altérites.

Enfin, au Quaternaire, des systèmes alluviaux avec des successions de terrasses se mettent en place. Dans les zones littorales, la transgression   flandrienne, due à la fonte des glaciers à la fin de la dernière époque glaciaire (Würm, 12 000 ans), implique le dépôt de terrains argileux appelés « Bri ».

Coupe géologique régionale à travers le Seuil du Poitou

Les grandes structures géologiques

Ces formations du Crétacé supérieur et du Tertiaire enregistrent les effets de la collision de la plaque africaine et des plaques européenne et ibérique, avec le développement de la chaîne pyrénéenne au sud. De nombreuses failles du socle sont alors réactivées et induisent des déformations ductiles (plis) et des déformations cassantes (failles) dans la couverture sédimentaire.
Les principales structures résultant de ces phénomènes tectoniques sont :

Dans le Bassin   aquitain :

  • anticlinaux de St Césaire, Gémozac, Jonzac, Hiersac, St Félix, Montmoreau, Mareuil, Montendre, la Clotte ;
  • synclinal   de Saintes ;
  • failles de l’Echelle, de Vilhonneur, d’Aiffres, de Blanzay.

Sur le Seuil du Poitou :

  • dôme de Mlle, grabens de St Maixent et de Lezay, horsts de Montalembert et de Champagné ;
  • failles de Parthenay, d’Asnois, d’Availles-Limouzine, de Chantonnay, de Secondigny.

Dans le Bassin   de Paris :

  • anticlinaux de Richelieu, Châtellerault ;
  • synclinaux de Ligueil, de Loudun, cuvette de Martizay.
Carte des grandes structures géologiques de Poitou-Charentes

La géologie se marque dans le paysage

Les grandes structures géologiques se révèlent dans le relief de la région. La faille de Parthenay, dont les jeux coulissants sont responsables des grabens de Lezay et de St-Maixent, peut se suivre du nord des Deux-Sèvres jusqu’à Angoulême. Cet accident, de direction NNO-SSE, recoupe les failles de direction armoricaine (NO-SE) qui se marque également dans le relief et dans l’orientation des vallées. Au sud, les grandes structures anticlinale (Jonzac) et synclinale (Saintes) se lisent nettement dans le relief.

carte du relief de Poitou-Charentes"
carte du relief de Poitou-Charentes
La géologie imprime sa marque sur le relief

La lithologie imprime aussi sa marque :

  • Les formations « tendres » du Jurassique supérieur forment souvent les zones les plus basses.
  • Le socle, mais aussi les calcaires du Dogger forment les reliefs les plus importants. Dans ces derniers, les rivières ont en général tracé des saignées profondes.

De la même manière, le réseau hydrographique   souligne les contrastes lithologiques. Le réseau est très anastomosé dans les zones où le ruissellement est prépondérant sur l’infiltration  . C’est le cas sur le socle avec une densité du réseau particulièrement élevée. C’est aussi le cas sur les sables et argiles du Cénozoïque, principalement au sud de la région, et du Cénomanien dans le nord de la Vienne. Sur les calcaires et marnes du Jurassique supérieur, le réseau est plus parsemé. Il est pratiquement limité aux grands cours d’eau et parfois discontinu dans les zones karstiques   du Jurassique moyen (bassins du Clain, de la haute Sèvre Niortaise, de la Charente amont et de la Dive) et du Jurassique supérieur de la Braconne. Dans les secteurs envahis par les dépôts sableux (dunes littorales, épandages sableux fluviatiles, altérites sableuses) le réseau hydrographique   est très parsemé voir inexistant.

Relations entre la nature des roches et la densité du réseau hydrographique

La limite hydrologique entre les bassins parisien (bassin   versant de la Loire) et aquitain suit globalement la direction « armoricaine » (NO-SE). Les limites amont des bassins versants de l’Autize, de la Sèvre Niortaise, de la Charente s’orientent en effet selon cette direction. Au niveau du Seuil du Poitou, la Dive et la Bouleure se perdent en grande partie et hésitent dans leur écoulement entre les 2 grands bassins.

L’occupation du sol est aussi guidée par la géologie. Bocage, plaine céréalière, vignoble, forêt ne se distribuent pas au hasard. On notera en particulier la zone boisée singulière qui court d’une manière presque ininterrompue de la forêt de la Braconne (à l’est d’Angoulême) au Marais Poitevin en passant par la forêt de Chizé. Cette zone « verte » se superpose à des formations marneuses du Jurassique supérieur.

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