Le risque radon

Le radon, gaz d’origine naturelle, accroît les risques du cancer du poumon chez l’homme. En Poitou-Charentes, les mesures réalisées par les DDASS ont montré que c’était un réel problème dans certains secteurs, ce qui a conduit à la réalisation par le BRGM de cartographies départementales. Lié à la radioactivité naturelle, le risque radon concerne l’air mais peut aussi concerner les eaux. Cet article présente la cartographie régionale.

Sommaire de l’article :

Un risque réel en Poitou-Charentes

Le caractère cancérigène du radon, gaz d’origine naturelle, a été mis en évidence suite à différentes études épidémiologiques qui ont montré qu’il venait accroître les risques du cancer du poumon chez l’homme. Suite à ce constat, le radon a été déclaré problème de santé public par l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé) en 1987.

Durant la période 1982-95, des campagnes de mesure du radon à l’échelle nationale ont été réalisées dans les habitations par l’IPSN (Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire) et la DGS (Direction Générale de la Santé) afin d’estimer de façon globale l’exposition de la population française au radon domestique. A l’échelle régionale, cette campagne a été complétée dans les années 2000-01, par des mesures du radon dans les lieux publics (administrations, écoles…).

Dans la région Poitou-Charentes, ces campagnes ont révélé des teneurs en radon pouvant être importantes (supérieures à 1 000 Bq/m3), notamment dans le département des Deux-Sèvres. Afin d’orienter les DDASS dans leurs mesures des émanations en radon dans les lieux publics, des cartes de l’aléa radon par département (échelle 1/200 000) ont été réalisées à la demande de la DRASS Poitou-Charentes et de la DGSNR. La synthèse régionale ci-dessous a par la suite été réalisée par le BRGM.

Synthèse régionale de la cartographie du risque radon"
Synthèse régionale de la cartographie du risque radon

Origine du radon

Le radon 222 (222Rn) est un gaz rare, produit par la désintégration radioactive naturelle du radium 226 dans le sous-sol, lui-même issu de la désintégration radioactive de l’uranium 238. La chaîne de désintégration est illustrée ci-dessous :
238U → 234Th → 234Pa → 234U → 230Th → 226Ra →222Rn

Le radon se retrouve à l’état de trace dans de nombreux minéraux aussi bien des roches magmatiques que sédimentaires.Il est caractérisé par une demi-vie relativement courte, égale à 3.8 jours (la totalité du radon produit à un instant t a disparu au bout d’un mois).

Les concentrations en radon mesurées dans un bâtiment sont fonction principalement de sa source  , c’est à dire de la teneur en uranium des roches du sol/sous-sol et de son degré d’altération. Cependant d’autres paramètres peuvent influencer les teneurs en radon comme les processus de transfert (émanation, exhalation), les caractéristiques du bâtiment… Parmi les processus de transfert du radon jusqu’à la surface, il faut souligner l’importance de la porosité   et de la fracturation.

La méthodologie suivie pour la cartographie du risque

L’identification de la source   potentielle du radon et l’inventaire des principaux réseaux de fractures favorisant son transfert à la surface sont les principaux objectifs de ce travail. La méthode a consisté en une analyse combinée de plusieurs types de données, avec comme support principal la carte géologique au 1/250 000 de la région Poitou-charentes.
Les données prises en compte pour la réalisation de cette cartographie sont les suivantes :

  • carte géologique numérisée au 1/250 000,
  • radiométrie aéroportée par spectrométrie « gamma », réalisée sur les zones de socle de la région (Massif Armoricain et Massif Central),
  • indices uranifères,
  • failles de socle,
  • mesures radon réalisées dans les bâtiments publics et privés par les DDASS et l’IPSN.

En tenant compte des études précédemment réalisées dans la région des Pays de Loire, le travail a consisté à délimiter et à identifier les formations géologiques « anomales » en calculant la composition moyenne en eqU en ppm (équivalant Uranium) de chaque formation à partir du levé aéroporté et de la carte géologique. En fonction des teneurs moyennes calculées, des classes ont ainsi été identifiées qui ont permis de caractériser l’aléa (fort, moyen, faible, très faible). En fonction de la couverture aéroportée, un aléa a ainsi été estimé et une carte au 1/200 000 réalisée.

Toutefois, ces reconnaissances aéroportées étant d’une part localisées sur les zones de socle et d’autre part non homogènes entre Massif Central et Massif Armoricain, la prise en compte d’autres paramètres a été nécessaire pour étendre et homogénéiser la cartographie de l’aléa. Il s’agit principalement des indices de la présence d’uranium (mine, gîtes…) et de l’analyse de la lithologie des terrains.

Dans un deuxième temps, du fait de l’influence des failles dans le transfert du radon jusqu’à la surface, les failles potentiellement favorables à l’émission ont été identifiées suivant plusieurs critères :

  • structures majeures affectant le socle,
  • failles traversant une zone caractérisée par un aléa fort.

Les mesures du radon dans les bâtiments ont été parallèlement géoréférencées quand elles ne l’étaient pas et quand leur localisation était connue. Ces données ont été superposées à la cartographie réalisée par l’approche précédente. Toutefois, comme convenu avec les DDASS et la DRASS, elles n’ont pas servi de guide pour identifier les formations émissives. La valeur mesurée est en effet souvent dépendante de facteurs propres au bâtiment : caractéristiques, techniques de construction, ventilation…

Carte des mesures radon réalisées par les DDASS (jusqu'en 2004)"
Carte des mesures radon réalisées par les DDASS (jusqu’en 2004)

Synthèse

Les cartographies, corrélées par des mesures de terrain, permettent de mettre en évidence les zones où l’aléa est globalement plus fort. Il s’agit des zones de socle et du seuil du Poitou, traversé par de grandes failles.

Il convient de préciser que ces cartographies et ses éléments associés sont à considérer dans les limites de l’état des connaissances. Elles sont là pour orienter les investigations de terrain. D’autres paramètres peuvent interférer en effet dans les concentrations mesurées, comme la configuration du bâtiment et sa bonne ventilation.

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